La question n'est pas celle qu'on croit
On la pose en termes de numéro, alors qu'elle porte sur trois choses distinctes qu'il vaut mieux séparer avant de décider :
- Être joignable par ses proches, sa banque, l'école des enfants. Cela dépend du numéro qu'ils connaissent, pas du pays où vous travaillez.
- Avoir de la connexion pendant vos heures en Suisse. Cela dépend de votre forfait, pas de votre numéro.
- Être joignable professionnellement par vos collègues suisses. Cela dépend, le plus souvent, de ce que fournit votre employeur.
Beaucoup de frontaliers prennent un numéro suisse pour régler le deuxième point, alors qu'il n'a rien à voir avec le numéro. C'est l'erreur la plus fréquente, et la plus coûteuse.
Solution 1 · garder son numéro français
Vous restez joignable de tout le monde, vous ne changez rien, vous ne prévenez personne. Reste à régler la connexion sur place, ce qui se joue entièrement sur la quantité de données prévue du côté suisse par votre forfait.
Pour qui : la grande majorité. C'est la solution par défaut, et la seule qui ne crée aucune démarche.
Solution 2 · prendre un numéro suisse à la place
Vous devenez joignable localement, souvent utile si vos collègues ou vos clients sont suisses et vous appellent sans arrêt. En contrepartie, il faut prévenir tout votre entourage, refaire les formulaires, et vos proches vous appellent désormais à l'international.
Pour qui : ceux dont la vie professionnelle est entièrement suisse et dont l'entourage l'est aussi. C'est plus rare qu'on ne le croit chez un frontalier, dont la famille est en France.
Solution 3 · tenir les deux
C'est ce que fait la plupart des gens qui ont un numéro professionnel suisse imposé. Les deux lignes cohabitent dans le même téléphone : la plupart des appareils récents acceptent une carte physique et une carte virtuelle en même temps, ou deux cartes virtuelles. Vous choisissez, ligne par ligne, laquelle sert aux appels, aux SMS et aux données.
La bascule à surveiller. Si la ligne suisse est réglée par défaut pour les données mobiles, votre consommation passe par elle sans que vous vous en aperceviez, et l'employeur voit apparaître votre usage personnel sur sa facture. Réglez explicitement quelle ligne porte les données, et vérifiez-le après chaque mise à jour du système.
Le fonctionnement est détaillé dans le guide de la carte SIM virtuelle.
Ce que votre employeur peut demander
Cela dépend de son règlement et de votre contrat, et nous ne pouvons pas y répondre à sa place. Trois questions valent la peine d'être posées avant de décider quoi que ce soit :
- Fournit-il une ligne, ou attend-il que vous utilisiez la vôtre ?
- S'il fournit un téléphone, avez-vous le droit de vous en servir pour un usage personnel ?
- S'il ne fournit rien, participe-t-il aux frais, et sur quelle base ?
Posez-les par écrit, avant de résilier ou de souscrire quoi que ce soit. Une ligne prise pour rien se paie douze mois.
Si vous partez, ou si vous rentrez
Un numéro français se garde en changeant d'opérateur : c'est la portabilité, elle est gratuite, et elle prend une minute de préparation. La démarche tient en trois étapes. Un numéro suisse, lui, ne se transfère pas vers un opérateur français : il se perd. C'est un argument de plus en faveur de la première solution tant que rien ne vous oblige.
Notre avis, puisque c'est une page qui conseille
Gardez votre numéro français, et réglez la question de la connexion là où elle se pose vraiment : dans la quantité de données prévue du côté suisse. Deux questions suffisent à la cerner. Ne prenez une deuxième ligne que si votre employeur l'impose, et dans ce cas faites-la cohabiter plutôt que remplacer.